Diaconesses



Cette semaine un prêtre est parti. Il a décidé de quitter son ministère pour vivre une nouvelle page de sa vie avec une femme. Parce qu’il était l’architecte et l’animateur d’une nouvelle expression de la Foi sur Lyon mais aussi parce que le diocèse a décidé de rendre publique sa lettre expliquant aux paroissiens sa démarche, son choix a fait couler beaucoup d’encre. En fil rouge reste et demeure cette vieille question du célibat, chacun interprétant la règle disciplinaire romaine à l’aune de ses objectifs.

Je pense à tous les autres prêtres qui quittent le ministère pour vivre avec une femme. Mais parce qu’ils ne disposent ni de la même exposition médiatique ni de la même sensibilité pastorale “pop louange charismatique” ils vont partir en silence. Ils n’ont pas fait moins que le père Gréa, ils ont simplement choisi d’exercer un ministère moins bruyant ; considérer qu’ils furent moins porteur de fruits revient à mesurer l’Esprit-Saint avec un double décimètre.

Enfin comment ne pas rester dubitatif à la lecture de la lettre du père David Gréa qui considère que c’est Dieu qui l’appelle aujourd’hui à quitter son ministère ? Je partage totalement l'avis du père Royannais:

Mais couvrir la non-fidélité à une parole donnée par le mensonge, cela est inacceptable et scandaleux. C'est de la manipulation, de la mauvaise foi. Ainsi donc, selon David, Dieu l’appelle maintenant à l’amour dans le mariage. Et David ne fait qu’obéir à la volonté de Dieu. Qui accepterait semblable argument si l’un des deux conjoints quittait sa famille pour répondre à l’appel de Dieu d’en fonder une autre ? De qui se moque-t-on ?

Dieu change d'avis, car Dieu sait bien qu'il ne peut appeler au presbytérat que des célibataires, n'est-ce pas, si l'on veut croire à la mythologie.

Cette théologie est malsaine, à vouloir tout spiritualiser, mais elle a l’avantage d’esquiver le débat sur le discernement personnel et communautaire de sa vocation, ce qui évite d’avoir à s’interroger sur l’appel et le ministère des prêtres aujourd’hui.

Je préfère le redire : je ne juge pas son choix, chacun est libre et j’accepte totalement l’idée qu’un homme et une femme puissent ne pas réussir à être fidèle à une promesse.
Mais pourquoi ne pas reconnaître simplement qu’aujourd’hui il n’avait plus la force et la volonté d’être fidèle ?

ll y a des hommes qui partent, certain bénéficiant d’un fort écho médiatique. Mais il y a aussi des femmes qui arrivent. Discrètement et humblement, sans écho ou egard particulier dans les médias.

Le Patriarche Théodore II a ordonné pour le service de l’Eglise orthodoxe des diaconesses, qui bénéficient désormais d'un ministère ecclésial. Cette première depuis plus de 10 siècles dans l’église d’Orient, 16 siècles pour l’Occident, marque une évolution décisive pour l’annonce et la célébration de l’évangile aujourd’hui. Lors du synode du Patriarcat d’Alexandrie qui a eu lieu en novembre 2016, l’assemblée synodale avait décidé d’étudier la possibilité d’ordination de diaconesse. «Les différentes approches des problèmes de la vie de l’Église ne constituent pas pour nous des déviations par rapport à la vérité orthodoxe mais une adaptation à la réalité africaine ».

Il est encore difficile de savoir comment ce nouveau ministère va prendre sa place dans l’Eglise orthodoxe africaine. A bien des égards il reste encore un long chemin avant que le diaconat permanent trouve son équilibre dans le paysage ecclésial français, après plus de 50 ans de pratique. Souhaitons que pretres et eveques aient la même patience vis-à-vis des diaconesses.

C’est en revanche un signe très positif pour l’église catholique romaine qui réfléchit depuis quelques mois, sous l’impulsion du Pape François, à la possibilité de pouvoir à nouveau ordonner des diaconesses. Cela prouve, s’il en était besoin, ce qui n’est pas le cas dans le cadre des diaconesses qui appartiennent à l’histoire des églises chrétiennes, qu’aujourd’hui l’appel des femmes au diaconnat ne relève que de la volonté de dépasser les préjugés.

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